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Comment faire une contre-proposition de salaire ?

Comment faire une contre-proposition de salaire ?

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Pourquoi oser négocier son salaire à l'embauche ?

Négocier son salaire est encore une étape délicate pour de nombreux candidats. Pourtant, faire une contre-proposition de salaire est une pratique courante et essentielle pour valoriser ses compétences, son expérience et son évolution professionnelle. Que ce soit lors d’un recrutement, d’une promotion ou d’un entretien annuel, oser parler de rémunération permet de s’assurer que son salaire correspond réellement à sa valeur sur le marché du travail.

Apprendre à négocier son salaire, c’est aussi renforcer sa confiance professionnelle et construire une relation plus transparente avec son employeur. Loin d’être une confrontation

La négociation salariale : un droit et non un tabou

En France, la négociation salariale est généralement libre mais elle reste encadrée par la loi.

Le salaire est fixé par accord entre l’employeur et le salarié, notamment lors de l’embauche ou d’une demande d’augmentation, mais il doit respecter certaines règles :

  • il ne peut pas être inférieur au SMIC
  • il doit tenir compte des minima prévus par la convention collective
  • il doit respecter le principe d’égalité de rémunération entre salariés occupant des fonctions équivalentes

Dans les entreprises où un délégué syndical est présent (soit dans les entreprises disposant d’au moins 50 salariés), l’employeur doit également organiser une négociation annuelle obligatoire (NAO) portant notamment sur les salaires, le temps de travail, le partage de la valeur ou encore l’égalité professionnelle. La loi impose ainsi d’ouvrir des discussions, même si celles-ci ne débouchent pas nécessairement sur un accord.

Ce que disent les chiffres : la majorité des candidats qui négocient obtiennent gain de cause

La négociation salariale à l’embauche reste une étape déterminante pour de nombreux candidats, et les chiffres montrent qu’elle peut réellement faire la différence.

Selon l’APEC (2023), les cadres qui négocient leur rémunération obtiennent en moyenne entre 8 et 12 % de plus que la proposition initiale.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte où la rémunération demeure un facteur central dans la décision des candidats : d’après le Guide des Salaires 2024 de Robert Half, 66 % des salariés refusent une offre d’emploi en raison d’une rémunération jugée insuffisante, loin devant la localisation du poste (49 %) ou la qualité du contact lors du recrutement (40 %). Ces données montrent que la question salariale est au cœur des attentes des candidats et que, lorsque la négociation est engagée, la majorité d’entre eux parvient effectivement à améliorer la proposition initiale.

Lire notre article complet : Comment négocier son salaire lors de l'entretien ?

Transparence des salaires de la part des recruteurs

La transparence salariale est un enjeu majeur du marché de l’emploi, portée par les attentes croissantes des candidats.

Selon l’enquête Hellowork 2024, 64 % des candidats déclarent que le salaire est l’élément qui retient le plus leur attention dans une offre d’emploi, contre 45 % en 2016, une progression significative qui montre bien une demande en constante évolution au niveau de la transparence concernant la rémunération dès la publication de l’annonce.

Face à cette évolution, les pratiques des entreprises changent également : 67,5 % des recruteurs indiquent désormais systématiquement le salaire dans leurs offres en 2025, soit 7 points de plus qu’en 2024, d’après Helloworkplace. Cette tendance s’explique notamment par l’anticipation de la directive européenne sur la transparence des salaires, qui entrera en vigueur en juin 2026, et qui vise à renforcer l’information des candidats et à réduire les inégalités salariales. Ces évolutions confirment que la transparence sur la rémunération est en train de devenir un standard dans les processus de recrutement.

Avant de répondre : analyser l'offre dans sa globalité

Avant de se positionner sur une proposition de rémunération, il est essentiel de prendre le temps d’analyser l’offre dans sa globalité. Se braquer ou accepter trop rapidement peut conduire à passer à côté d’éléments importants.

Il convient d’abord d’évaluer le degré de responsabilité du poste et les attentes du recruteur afin de bien comprendre la valeur et les exigences associées à la fonction.

La discussion ne doit pas porter uniquement sur le salaire fixe : il est également important d’aborder les éventuelles primes (objectifs, performance, astreintes, etc.), mais aussi les avantages liés au poste, tels que le véhicule de fonction, ainsi que ceux proposés par l’entreprise, comme le CSE, les horaires flexibles, le télétravail, l’intéressement ou la participation.

Enfin, l’analyse doit aussi intégrer les perspectives d’évolution proposées par l’entreprise. Celles-ci peuvent être verticales, c’est-à-dire une progression hiérarchique vers un poste avec davantage de responsabilités, ou horizontales, lorsque le salarié évolue vers une autre fonction ou un nouveau périmètre tout en conservant un niveau de responsabilité comparable. Il est également important de prendre en compte les perspectives d’évolution salariale, qui peuvent intervenir au fil du temps via les grilles de salaire internes, les négociations annuelles obligatoires (NAO) ou encore les augmentations individuelles annuelles.

Cette approche globale permet d’évaluer plus justement l’offre et d’engager une négociation plus constructive.

Salaire brut vs salaire net : ne confondez pas les deux

Le salaire brut correspond à la rémunération totale convenue entre l’employeur et le salarié, avant toute déduction. Il inclut l’ensemble des cotisations sociales destinées à financer la protection sociale (retraite, assurance maladie, chômage, etc.).

Le salaire net, quant à lui, est le montant effectivement perçu par le salarié après déduction des cotisations. Il constitue donc la somme versée sur le compte bancaire, avant application éventuelle de l’impôt sur le revenu.

On distingue également le salaire net imposable, qui sert de base au calcul de l’impôt sur le revenu. Il peut être légèrement supérieur au net versé, car certaines contributions (comme la CSG non déductible) y sont réintégrées. Le net après impôt correspond enfin au montant réellement disponible une fois le prélèvement à la source effectué.

Le net social lui correspond au montant de référence utilisé pour le calcul de certaines prestations sociales (comme la prime d’activité ou le RSA) ; il vise à offrir une lecture plus homogène et transparente des revenus perçus par les salariés.

Enfin, le “super brut” (ou coût employeur) représente le coût total supporté par l’entreprise pour rémunérer un salarié. Il comprend le salaire brut ainsi que les cotisations patronales. Cet indicateur permet d’avoir une vision complète de l’investissement global de l’employeur pour un poste donné.

Les éléments à évaluer au-delà du fixe (télétravail, RTT, primes, mutuelle, véhicule…)

Au-delà du salaire, de nombreux avantages viennent compléter la rémunération et participent à l’attractivité d’un poste.

Télétravail : encadré par le Code du travail (articles L1222-9 et suivants), il repose sur le volontariat et peut être mis en place via un accord collectif, une charte ou un accord individuel. Le salarié en télétravail bénéficie des mêmes droits que les autres salariés (accès à la formation, respect du temps de travail, prise en charge de certains frais, etc.). Il constitue également un levier intéressant pour réaliser des économies, notamment en réduisant les coûts liés aux déplacements domicile-travail, comme les dépenses de carburant.

RTT : ils concernent les salariés travaillant au-delà de 35 heures hebdomadaires. Les heures effectuées en plus sont compensées par des jours de repos. Le dispositif est encadré par le Code du travail (notamment les articles L3121-41 et suivants) et peut être précisé par un accord collectif.

Primes : elles complètent la rémunération fixe et peuvent prendre différentes formes (prime de performance, 13e mois, prime exceptionnelle, etc.). Leur attribution dépend généralement d’un accord collectif, d’un usage d’entreprise ou d’une décision de l’employeur.

Mutuelle d’entreprise : obligatoire depuis le 1er janvier 2016, elle impose à l’employeur de proposer une complémentaire santé à ses salariés et d’en financer au minimum 50 %, conformément à la loi sur la sécurisation de l’emploi.

Véhicule :

Véhicule de service : réservé exclusivement à un usage professionnel.

Véhicule de fonction : utilisable à des fins personnelles ; il constitue alors un avantage en nature intégré à la rémunération.

Les signaux qui indiquent une marge de négociation possible

Lors d’une négociation salariale, certains signaux, parfois discrets, peuvent indiquer qu’une marge de discussion existe.

L’un des premiers est la présence d’une fourchette salariale plutôt qu’un montant fixe : cela traduit généralement une flexibilité budgétaire.

De même, lorsque le recruteur vous interroge sur vos prétentions ou vous demande si la proposition correspond à vos attentes, il ouvre implicitement la porte à un ajustement.

Le choix des mots est également révélateur : des formulations comme « c’est une base », « on peut en discuter » ou « je dois valider en interne » témoignent d’une possible négociation.

Par ailleurs, le fait de vous laisser un délai de réflexion ou de mettre en avant des éléments annexes (primes, télétravail, avantages) montre que la proposition peut être modulée.

Enfin, un intérêt marqué pour votre profil, une certaine urgence à recruter ou des difficultés à pourvoir le poste renforcent votre position.

Attention tout de même à ne pas considérer ces signaux comme une porte ouverte à une négociation de salaire incohérente avec le poste ou votre profil.

Se préparer : comment connaître sa valeur sur le marché ?

Se préparer à une négociation salariale suppose avant tout de bien connaître sa valeur sur le marché.

Cela passe par une analyse des grilles de salaires, des études sectorielles, des offres similaires et de son propre niveau d’expérience et de compétences. Cette préparation permet d’argumenter de manière objective et d’éviter de se sous-évaluer.

Les données montrent d’ailleurs que cet enjeu est loin d’être neutre : selon l’APEC, 55 % des femmes cadres saisissent l’opportunité de négocier leur salaire lors de l’entretien d’embauche, contre 61 % des hommes, et elles affichent en moyenne des prétentions salariales inférieures de 15 %.

Connaître sa valeur permet donc non seulement de gagner en confiance, mais aussi de se positionner de façon juste et cohérente, en alignant ses attentes avec la réalité du marché tout en défendant pleinement son profil.

Utiliser les baromètres salariaux de référence (APEC, Robert Half)

Pour se préparer efficacement à une négociation salariale, il est essentiel de s’appuyer sur des données concrètes et fiables afin d’évaluer sa valeur sur le marché.

L’utilisation de baromètres salariaux de référence, tels que ceux de l’APEC ou de Robert Half, constitue à ce titre un levier particulièrement pertinent. Un outil comme le Guide des Salaires Robert Half donne un accès objectif sur la réalité des pratiques du marché, constituant un atout précieux pour les candidats comme pour les recruteurs, afin d'échanger sur des bases tangibles. Source : Robert Half.

S’appuyer sur ces outils permet non seulement de renforcer la crédibilité de ses arguments, mais aussi d’aborder la négociation avec davantage de confiance et de précision.

Tenir compte de son expérience, de son secteur et de sa région

Il est essentiel de tenir compte de son expérience, de son secteur et de sa région dans toute analyse salariale. Comme le souligne l’étude de France Travail :

« Jusqu'à sept ans d'expérience, il est admis de prétendre à 5 % supplémentaires par rapport au salaire de base. Entre sept et vingt-trois ans d'expérience, la majoration peut atteindre 20 %. »
France Travail

Cependant, ces repères doivent être nuancés par la réalité du marché local. En effet, un même profil, occupant le même poste avec le même nombre d’années d’expérience, ne pourra pas prétendre au même salaire à Paris ou en province par exemple. Les disparités régionales, notamment liées au coût de la vie et à la tension du marché de l’emploi, influencent fortement les niveaux de rémunération.

Définir son salaire plancher et un salaire idéal

Définir un salaire plancher et un salaire idéal est une étape clé dans toute négociation salariale, d’autant que, comme le souligne l’étude « 51 % des salariés se disent insatisfaits de leur salaire et souhaitent le renégocier. (Source : HelloWork) », une majorité de candidats se positionne aujourd’hui dans une démarche active de réévaluation de leur rémunération.

Dans ce cadre, il est important de distinguer deux repères : un salaire cible, qui correspond à l’objectif idéal, et un salaire plancher, en dessous duquel le candidat ne souhaite pas descendre. Ce seuil minimal peut être défini par principe, en fonction de la valeur que l’on s’accorde, ou répondre à une réalité plus concrète, comme le fait de couvrir ses charges et de maintenir un niveau de vie stable.

Ainsi, même avec une ouverture à la négociation, un candidat reste contraint par son rythme de vie et ses impératifs financiers, qu’il est indispensable de prendre en compte pour construire une discussion salariale cohérente et réaliste.

Comment formuler sa contre-proposition de salaire ?

Formuler une contre-proposition de salaire est une étape délicate mais essentielle dans un processus de recrutement. Elle permet au candidat d’affirmer sa valeur tout en restant ouvert à la discussion, dans une logique d’échange constructif avec l’employeur. Toutefois, cet exercice ne s’improvise pas : il existe des codes à respecter et une réflexion préalable est indispensable pour construire une demande cohérente, crédible et bien argumentée.

Le bon timing : quand répondre à une offre ?

Le timing est important dans votre négociation salariale. Il est généralement conseillé de ne pas répondre immédiatement à une offre : un délai de 24 à 72 heures permet de l’analyser sereinement et de montrer que la proposition est considérée avec sérieux.

La contre-proposition de salaire doit, quant à elle, intervenir uniquement après réception d’une offre formelle. C’est à partir de cette base concrète que le candidat peut structurer une réponse argumentée et pertinente. Elle s’inscrit donc naturellement dans le retour fait à l’employeur, dans un délai raisonnable.

Contre-proposition de salaire à l'oral ou par écrit ? Les deux approches

Une contre-proposition de salaire peut se faire à l’oral comme à l’écrit, mais en pratique, les deux formats sont complémentaires et répondent à des objectifs différents.

L’échange oral se fait généralement au téléphone et est privilégié pour ouvrir la discussion. Il permet d’expliquer plus facilement son raisonnement, de capter les réactions de l’interlocuteur et d’ajuster son discours en temps réel. C’est aussi un bon moyen de maintenir une relation fluide et constructive.

L’écrit, en revanche, est important pour formaliser la contre-proposition. Il permet de poser clairement les éléments (montant, arguments, éventuelles alternatives) et d’éviter toute ambiguïté. C’est souvent à ce stade que la négociation se structure réellement.

Les formulations qui fonctionnent : exemples concrets

Exemple 1 :

« Objet : Suite à votre proposition – échange sur la rémunération

Bonjour [NOM],

Je vous remercie pour votre proposition et pour l’intérêt que vous me portez. Je suis très enthousiaste à l’idée de rejoindre vos équipes.

Après réflexion, je souhaitais revenir vers vous concernant la rémunération. Au regarde de mon expérience et des responsabilités du poste, je me positionnais plutôt sur une rémunération de X €.

Serait-il possible d’en discuter ensemble ?

Je reste bien entendue ouvert(e) à l’échange.

Bien cordialement,

[SIGNATURE]»

Exemple 2 :

« Objet : Proposition – discussion sur les conditions

Bonjour [NOM],

Je vous remercie pour votre proposition et pour la qualité de nos échanges.

Après analyse, je souhaitais discuter de la rémunération proposée. Je me positionnais plutôt autour de X€. À défaut, je serais également ouvert(e) à échanger sur d’autres éléments (variable, télétravail, avantages…)

Je reste à votre disposition pour en discuter.

Bien cordialement,

[SIGNATURE] »

Et un exemple de construction de discours pour un échange à l’oral :

1. Commencer par valoriser l’offre et l’échange

L’objectif est de poser un cadre positif et constructif.

« Merci beaucoup pour votre proposition, je suis vraiment ravi(e) de cette opportunité. »
« J’ai beaucoup apprécié nos échanges et le poste me motive vraiment. »

2. Introduire le sujet en douceur

Il ne faut pas “attaquer” directement le salaire, mais amener le sujet avec fluidité.

« J’ai pris le temps d’analyser l’ensemble de la proposition, et j’aurais aimé échanger avec vous sur un point, si vous êtes d’accord. »
« J’avais une question concernant la partie rémunération. »

3. Formuler sa contre-proposition clairement

Être direct, sans être abrupt, et surtout rester factuel.

« Au regard de mon expérience et du marché, je me positionnais plutôt autour de X €. »
« J’avais en tête une rémunération légèrement supérieure, plutôt autour de X €. »

4. Ouvrir la discussion

Montrer que c’est un échange, pas une exigence fermée.

« Est-ce que c’est quelque chose que vous pourriez envisager ? »
« Est-ce qu’il y a une marge de manœuvre de votre côté ? »

5. Rester souple et à l’écoute

Laisser de l’espace à la négociation.

« Je reste bien sûr ouvert(e) à en discuter. »
« L’idée est vraiment de trouver un terrain d’entente. »

MESSAGE COMPLET

« Merci beaucoup pour votre proposition, le poste m’intéresse vraiment. J’ai pris le temps de tout analyser et j’aurais aimé échanger avec vous sur la partie rémunération. Au regard de mon expérience, je me positionnais plutôt autour de X €. Est-ce qu’il y a une marge de manœuvre de votre côté ? Bien sûr, je reste ouvert(e) à la discussion. »

Quel écart demander ? La règle des 8 à 12%

Comme indiqué précédemment, il est important dans une négociation de réévaluer le salaire sur la base d’un montant pertinent et cohérent. Pour cela, on applique généralement la règle des 8 % / 12 % qui est un repère simple qui permet de positionner intelligemment sa contre-proposition salariale sans se décrédibiliser.

Cette fourchette est considérée comme un bon équilibre. Une augmentation inférieure à 8 % peut donner l’impression d’une négociation trop timide et conduire à passer à côté d’une marge de progression. À l’inverse, une demande dépassant 12 à 15 % peut être perçue comme déconnectée du marché, sauf dans des situations particulières comme un profil très recherché ou une offre initiale sous-évaluée.

Par exemple, pour une offre à 40 000 €, une contre-proposition cohérente se situera généralement entre 43 200 € et 44 800 €. Se positionner autour de 44 000 à 45 000 € permet ainsi d’ouvrir la discussion tout en restant crédible.

Les arguments qui peuvent fonctionner face au recruteur

Lorsqu’on reçoit une proposition qui ne correspond pas à ses attentes, il est important de préparer un argumentaire afin d’appuyer son retour. La négociation est possible, à condition qu’elle soit justifiée par des faits, des données ou des compétences spécifiques.

Mettre en avant ses réalisations chiffrées

Mettre en avant ses réalisations chiffrées est essentiel pour appuyer la crédibilité de son discours et démontrer concrètement sa valeur. Plutôt que de rester général, il est recommandé d’illustrer ses expériences par des résultats mesurables : augmentation du chiffre d’affaires, amélioration de la performance, réduction des coûts ou encore optimisation des processus. Les données chiffrées permettent de donner du poids à ses arguments, de se différencier et de faciliter la projection de son interlocuteur quant à l’impact que l’on peut avoir dans un poste.

➡️ Par exemple, un Responsable RH en entretien pourrait mettre en avant une réalisation marquante en déclarant : « J’ai piloté la refonte du processus de recrutement sur mon périmètre, ce qui nous a permis de réduire le délai moyen d’embauche de 45 à 28 jours (-38 %) tout en améliorant le taux de rétention des nouvelles recrues de 20 % à 35 % sur la première année. » Ce type d’exemple concret et chiffré permet d’illustrer immédiatement son impact et sa capacité à générer des résultats mesurables.

Invoquer les données marché comme référence objective

Invoquer les données marché comme référence objective permet de renforcer la légitimité de son discours, notamment dans un contexte de négociation. S’appuyer sur des études de rémunération, des benchmarks sectoriels ou des tendances observées sur le marché de l’emploi apporte une dimension factuelle et neutre à son argumentation. Cela montre également que l’on est informé, structuré et en phase avec la réalité du marché, ce qui crédibilise davantage sa demande.

➡️ Par exemple, un Responsable RH en entretien peut indiquer : « Au regard des études de rémunération récentes sur des postes similaires, notamment dans notre secteur et pour des entreprises de taille comparable, la fourchette se situe entre 65 000 € et 75 000 € annuels. Compte tenu de mon expérience et des résultats que j’ai obtenus, je me positionne naturellement dans la partie haute de cette fourchette. » Cette approche permet d’ancrer la discussion sur des éléments objectifs plutôt que sur une perception uniquement subjective.

Parler de ses avantages actuels à compenser

Parler de ses avantages actuels à compenser est une approche pertinente pour aborder une négociation de manière globale et transparente. Au-delà du salaire fixe, il est important de considérer l’ensemble du package de rémunération : bonus, intéressement, télétravail, jours de congés supplémentaires, véhicule de fonction ou encore avantages sociaux. Mettre en avant ces éléments permet de donner une vision complète de sa situation actuelle et d’expliquer de manière rationnelle le niveau de compensation attendu.

➡️ Par exemple, un Responsable RH en entretien peut préciser : « Aujourd’hui, je bénéficie d’un package global incluant un variable de 10 %, deux jours de télétravail par semaine et 10 jours de RTT. Dans le cadre d’un changement de poste, il est important pour moi de conserver un équilibre équivalent, que ce soit à travers la rémunération ou les avantages associés. » Cette démarche permet d’ouvrir la discussion sur l’ensemble des composantes du poste et d’éviter de se focaliser uniquement sur le salaire fixe.

Utiliser (avec prudence) une offre concurrente

Utiliser une offre concurrente peut être un levier efficace pour appuyer une négociation, à condition de le faire avec tact et crédibilité. Il ne s’agit pas de mettre la pression de manière agressive, mais plutôt d’apporter un élément de contexte supplémentaire pour justifier son positionnement. Cette approche montre que son profil est recherché sur le marché, tout en restant dans une posture professionnelle et constructive.

➡️ Par exemple, un Responsable RH peut formuler cela ainsi : « Je suis actuellement en discussion avancée avec une autre entreprise qui me propose un package autour de 70 000 €. Cela étant dit, votre projet m’intéresse particulièrement et reste ma priorité. Je serais donc ravi que nous puissions nous aligner sur des conditions similaires. » Utilisée avec prudence, cette stratégie permet de renforcer son pouvoir de négociation sans détériorer la relation avec le recruteur.

Les erreurs à éviter lors d'une contre-proposition

Annoncer un chiffre trop tôt dans le processus

Annoncer un chiffre trop tôt dans le processus de recrutement peut fragiliser sa position de négociation.

En se positionnant prématurément, on prend le risque de sous-évaluer sa valeur ou de se fermer des opportunités d’ajustement une fois l’ensemble des éléments du poste clarifiés (missions, responsabilités, périmètre, avantages). Il est préférable d’attendre d’avoir une vision globale de l’offre et de susciter d’abord l’intérêt du recruteur pour son profil, afin d’aborder ensuite la rémunération avec davantage de légitimité et de marge de manœuvre.

Il est toutefois possible, à ce stade, d’évoquer une fourchette salariale plutôt qu’un chiffre précis. Cela permet de donner un repère tout en restant flexible. Cette fourchette pourra ensuite être ajustée en fonction des informations recueillies au fil du processus de recrutement, notamment sur le contenu du poste, les responsabilités réelles et les avantages associés.

Négocier uniquement sur le salaire fixe

Se focaliser uniquement sur le salaire fixe est une erreur fréquente lors d’une contre-proposition de salaire. La rémunération globale ne se limite pas au fixe : elle inclut également le variable, les primes, l’intéressement, les avantages en nature, le télétravail, les jours de congés supplémentaires ou encore les perspectives d’évolution. En négligeant ces éléments, on peut passer à côté d’opportunités d’optimisation pourtant significatives.

Il est donc essentiel d’adopter une vision globale du package proposé et d’ouvrir la discussion sur l’ensemble de ses composantes. Par exemple, si une augmentation du salaire fixe est limitée, il peut être pertinent de négocier un variable plus attractif, davantage de jours de télétravail ou encore des avantages complémentaires. Cette approche permet de trouver un équilibre gagnant-gagnant, tout en répondant au mieux à ses attentes.

Poser un ultimatum, s’offusquer ou adopter un ton agressif

Une attitude trop ferme ou brusque peut rapidement jouer en défaveur du candidat. En négociation, la manière de communiquer est tout aussi importante que le fond. Un ultimatum ou une réaction excessive peut être perçu comme un manque de professionnalisme ou de souplesse, et inciter le recruteur à interrompre les échanges.

Mieux vaut privilégier une approche posée et mesurée, en exposant ses arguments de façon factuelle. L’objectif n’est pas de « gagner » un rapport de force, mais de construire un accord équilibré. Une communication maîtrisée, respectueuse et ouverte à la discussion permet non seulement de défendre ses intérêts, mais aussi de renvoyer une image positive et crédible tout au long du processus.

Mentir sur son salaire actuel ou une offre fictive

Chercher à embellir la réalité, que ce soit sur son salaire actuel ou sur l’existence d’une offre concurrente, est une prise de risque importante. Les recruteurs sont habitués à ces situations et peuvent, dans certains cas, recouper les informations ou détecter des incohérences. Si le mensonge est découvert, cela peut immédiatement rompre la confiance et compromettre, voire stopper, le processus de recrutement.

-> Une argumentation transparente et cohérente sera toujours plus solide et durable qu’un levier fictif.

Et si l'employeur refuse votre contre-proposition ?

Le jeu de la négociation salariale lors d’un processus de recrutement peut malheureusement se révéler infructueux.

Il reste néanmoins important de garder une posture professionnelle jusqu’à la fin. Plusieurs options sont possibles à l’issue de cette phase.

Demander les raisons du refus

Lorsque la négociation n’aboutit pas, il peut être très utile de demander des éclaircissements sur les raisons du refus. Cette démarche permet de mieux comprendre les contraintes de l’entreprise (budget, grille salariale, équité interne…) et d’identifier d’éventuels axes d’ajustement pour de futures discussions. Au-delà de l’aspect immédiat, cela permet également de recueillir un retour constructif et de montrer une posture professionnelle et ouverte.

Par exemple : « Afin de mieux comprendre votre position, pourriez-vous me préciser les éléments qui ne permettent pas d’aller plus loin sur cette proposition ? ». Cette approche favorise un échange transparent et peut, dans certains cas, laisser la porte ouverte à de nouvelles opportunités.

Négocier les avantages périphériques à défaut

Lorsque la négociation sur le salaire n’aboutit pas, il peut être pertinent de se tourner vers les avantages périphériques pour trouver un terrain d’entente. De nombreux éléments peuvent être ajustés : part variable, prime de bienvenue, jours de télétravail, congés supplémentaires, véhicule de fonction ou encore formation.

Cette approche permet de préserver l’équilibre global de la proposition tout en répondant à ses attentes. Par exemple : « Si une revalorisation du fixe n’est pas envisageable, seriez-vous ouvert à discuter d’un variable plus élevé ou de conditions de télétravail plus flexibles ? » En élargissant le champ de la négociation, il est souvent possible de construire une solution satisfaisante pour les deux parties.

Demander un engagement de révision à 6 mois

Lorsque la marge de négociation est limitée à l’embauche, il peut être pertinent de demander un engagement de révision salariale à court terme. Cela permet de se projeter avec une perspective d’évolution, en lien avec la prise de poste et les premiers résultats obtenus.

Il est toutefois préférable que cet engagement soit formalisé (écrit ou clairement acté), afin d’éviter toute ambiguïté ou difficulté au moment venu. Cette demande de formalisation n’est pas négative : elle témoigne au contraire de rigueur et d’une volonté de démarrer la collaboration sur des bases claires et saines.

Par ailleurs, cette révision n’intervient pas nécessairement au bout de six mois : elle peut être positionnée à la fin de la période d’essai, ou à l’issue de son éventuel renouvellement, selon les pratiques de l’entreprise.

Le rôle de notre cabinet de recrutement dans la négociation salariale - Le CabRH

Avoir la possibilité de s’appuyer sur un intermédiaire dans le cadre d’un processus de recrutement peut présenter plusieurs avantages, notamment lorsqu’on arrive en phase de négociation salariale.

Un intermédiaire qui connaît les budgets réels des entreprises

Dans le cadre d’un processus de recrutement, le cabinet de recrutement accompagne dans la négociation salariale.

En tant qu’intermédiaire, il dispose d’une bonne connaissance des budgets des entreprises, des marges de manœuvre possibles et des pratiques du marché. Il a également souvent accès à des informations stratégiques, comme la fourchette haute côté entreprise et la fourchette basse côté candidat, ainsi qu’à des éléments plus informels obtenus en off. Cela lui permet d’orienter la négociation de manière pertinente, dans un sens comme dans l’autre, afin de rapprocher les positions.

Il peut ainsi accompagner le candidat dans son positionnement, structurer son argumentaire et porter ses attentes de façon objective auprès du client. Ce rôle de relais contribue à fluidifier les échanges, éviter les maladresses et favoriser l’aboutissement d’un accord équilibré, tout en préservant la qualité de la relation entre les parties.

Comment Le CabRH vous accompagne dans vos candidatures

Le CabRH peut intervenir directement dans la négociation au nom du candidat et se positionner en interlocuteur principal auprès du client, ce qui facilite grandement les échanges. En jouant ce rôle d’intermédiaire, il fluidifie la communication et évite certaines incompréhensions ou blocages liés à des discussions directes parfois sensibles.

Grâce à notre connaissance approfondie du marché, nous maîtrisons à la fois le positionnement de nos clients, leurs marges de manœuvre en matière de négociation, ainsi que les attentes et contraintes de nos candidats. Cette double vision nous permet d’aborder les négociations avec une approche équilibrée et pertinente, en utilisant les bons leviers et les codes adaptés à chaque interlocuteur.

Nous ne nous positionnons pas en faveur d’une partie plutôt que de l’autre. Notre objectif est de faire coïncider un projet professionnel avec un besoin client, en veillant à ce que les conditions proposées, notamment salariales, soient en adéquation avec l’expertise et le niveau du candidat. À ce titre, nous ne présentons pas un candidat à un client si la fourchette de rémunération n’est pas ajustable et ne permet pas de s’aligner sur ses attentes.

Enfin, notre accompagnement ne se limite pas à un besoin immédiat. Nous adoptons également une démarche proactive en anticipant les futurs besoins de nos clients. Ainsi, même si un recrutement n’aboutit pas à un instant donné, il peut se concrétiser ultérieurement grâce au travail de mise en relation et de projection que nous aurons initié en amont.

FAQ : vos questions sur la contre-proposition de salaire

Peut-on perdre une offre d'emploi en négociant son salaire ?

Oui et non.

Oui, il est possible de perdre une offre d’emploi si la négociation est mal menée. Une approche trop rigide, des demandes mal positionnées ou un manque de compréhension des attentes du client peuvent être perçus négativement. De même, si la fourchette salariale proposée initialement est trop éloignée de celle attendue par le candidat et qu’aucune marge de manœuvre n’est envisageable, la négociation peut rapidement bloquer et faire échouer le processus.

Non, dans la majorité des cas, une négociation bien conduite n’entraîne pas la perte d’une opportunité. Lorsque le bon profil, avec des compétences solides et une rémunération en adéquation avec le marché, rencontre la bonne entreprise, ayant des exigences réalistes et une politique salariale alignée, il est généralement possible de trouver un terrain d’entente. Une négociation structurée et cohérente permet alors d’aboutir à un accord satisfaisant pour les deux parties.

Combien de fois peut-on faire une contre-proposition ?

Il n’existe aucune règle stricte en la matière. Cependant, faire une à deux contre-propositions reste tout à fait convenable. Au-delà, on peut rapidement basculer dans quelque chose de moins pertinent, voire d’absurde, ce qui peut nuire à la qualité des échanges et à la perception du candidat.

L’essentiel reste la cohérence de la démarche : une contre-proposition claire, argumentée et alignée avec le marché aura bien plus d’impact que de multiplier les allers-retours.

Comment négocier quand on est débutant sans expérience ?

Même sans expérience, il est tout à fait possible de négocier son salaire.

L’essentiel est de bien se renseigner en amont sur les niveaux de rémunération du marché afin d’avoir une base réaliste et crédible. Il ne faut pas non plus se sous-évaluer : les compétences acquises en formation, en stage ou en alternance ont de la valeur et doivent être prises en compte.

Se faire accompagner par un cabinet comme le CabRH peut également faciliter la démarche, en apportant une vision du marché et en menant la négociation auprès de l’entreprise.

Il est conseillé de rester ouvert et de ne pas se focaliser uniquement sur le salaire, en prenant aussi en compte les perspectives d’évolution, la formation ou les avantages proposés.

Faut-il indiquer ses prétentions salariales dès la candidature ?

Pas forcément.

Si l’entreprise le demande, il est conseillé de répondre en indiquant une fourchette cohérente avec le marché. Cela permet de valider rapidement l’adéquation.

Si ce n’est pas demandé, mieux vaut attendre d’avoir plus de visibilité sur le poste avant de se positionner. L’important est de rester flexible et de toujours raisonner en fourchette plutôt qu’en montant fixe.

Sarah Cuvier

Article rédigé par
Sarah Cuvier

Consultante en recrutement

Après avoir effectué mes études dans le domaine des Ressources Humaines en alternance au sein du CabRH, j’ai intégré le cabinet en CDI. Cette expérience m’a permis de développer une vision globale, à la fois théorique et pratique, des sujets RH, ainsi qu’une expertise très opérationnelle sur l’aspect recrutement, domaine dans lequel j’évolue depuis novembre 2020.

Mon poste de Consultante en recrutement, combiné à un Master en Ressources Humaines, me permet d’avoir une approche complète et transverse des enjeux liés au recrutement au sens large.